Journal of Research in Open, Distance and eLearning

Usages des technologies mobiles en milieu universitaire africain

Cas des universités camerounaises

Janvier Fotsinga, b, c, Pierre Fonkouaa, d, Marcelline Djeumeni Tchamabed, Narcisse Talla Tankamb, Elie Fute Tagneb et Emmanuel Tonyeb

Résumé

Dans un contexte où les technologies mobiles sont devenues incontournables et où selon The Independent (Thomson, 2010), 1,7 milliard de smartphones seront en circulation en 2014, les questions sur la scolarisation des terminaux mobiles en situation d’apprentissage formelle, non formelle et informelle font aujourd’hui l’objet de plusieurs recherches en science de l’éducation. Notre recherche s’intéresse à mieux comprendre les conditions de scolarisation et/ou d’utilisation des technologies mobiles sur les dispositifs d’apprentissage et d’enseignement en Afrique en général et au Cameroun en particulier. Pour conduire cette recherche, nous avons eu besoin de collecter des données quantitatives, qualitatives et contextuelles par questionnaire auprès de 52 étudiants et de 14 enseignants issus de deux universités camerounaises et par entretiens semi-dirigés (18) et des entretiens individuelles (4) afin de permettre une triangulation des données. Les résultats obtenus sont variés et divers. Notre recherche montre que peu d’étudiants et d’enseignants en milieu universitaire camerounais disposent des technologies mobiles appropriées pour l’apprentissage et que les étudiants utilisent des terminaux mobiles (TM) pour l’apprentissage. Toutefois, la recherche révèle qu’en l’absence de conditions politiques pour la régulation et la surveillance des activités des étudiants sur Internet au campus, une forte expansion des dérives telles que la tricherie, la dégradation des mœurs, le plagiat dans la réalisation des travaux d’étudiants ont vu le jour en milieu universitaire. Ainsi, globalement, si pour les étudiants l’utilisation des TM a amélioré leurs savoirs, pour les enseignants, l’usage actuel des technologies mobiles concourt un peu plus à baisser le niveau universitaire des étudiants. Ces résultats rejoignent, à certains points par extrapolation, ceux obtenus par Karsenti et Fievez (2013) qui ont montré que l’impact de l’usage de l’iPad sur la motivation et la réussite en milieu scolaire est présent mais faible.

Mots clés : Technologies mobiles, apprentissage, usage, impact, étudiant/enseignant

Janvier Fosting (auteur principal) : jfotsing.gmail.com

aLaboratoire des Technologies Educatives (TechEduLab), Ecole Mutation et Apprentissage (EMA), Université Cergy Pontoise, France

bLaboratoire d’Électronique et de Traitement du Signal (LETS), Département des Génies, Électrique et Télécommunications, École Nationale Supérieure Polytechnique, Université de Yaoundé I, Cameroun

cCentre International de Recherche en Application des Technologies Spatiales (CIRATS), Yaoundé-Cameroun d Département des Sciences de l’Éducation, École Normale Supérieure, Université de Yaoundé I, Cameroun

images images www.journal.avu.org

Ce document est publié sous une licence Creative Commons Attribution 4.0 International (CC BY 4.0). images 2017 Université Virtuelle Africaine

Abstract

Within a context where mobile technologies have become essential and where according to The Independent (Thomson, 2010), 1.7 billion Smart phones will be in circulation in 2014, issues on formal, non-formal and informal learning of mobile terminals have become the subject of several research projects in educational science today. Our research aims at understanding better the learning conditions and/or use of mobile technologies in learning and education frameworks in Africa in general and in Cameroon in particular. In order to conduct this research, we had to collect quantitative, qualitative and contextual data using a questionnaire with 52 students and 14 teachers from two Cameroonian universities and using semi-structured interviews (18) and individual interviews (4) so as to allow triangulation of the data. The results achieved are varied and diverse. Our research shows that few students and teachers within the Cameroonian academic environment have appropriate mobile technologies for learning, and that students use mobile terminals (MT) for learning. However, the research also shows that in the absence of political conditions for the regulation and surveillance of students’ activities on the Internet on campus, wide-spread cases of cheating, deterioration of customs, and plagiarism in students’ assignments took place within the academic environment. Thus, broadly, if the use of MT for students has improved their knowledge, for teachers, the current use of mobile technologies contributes much more to the reduction of academic standards. After extrapolation, these results concur at some points with those achieved by Karsenti, which showed that the impact of using iPads on motivation and success at school is present but minimal.

Key words: mobile technologies, learning, use, impact, student/teacher

Resumo

Num contexto em que as tecnologias móveis se tornaram incontornáveis e em que, segundo o The Independent (Thomson, 2010), 1,7 milhões de smartphones estarão em circulação em 2014, as questões sobre a aprendizagem por intermédio de terminais móveis em situação de ensino formal, não formal e informal são actualmente alvo de várias investigações em ciências da educação. A nossa investigação procura compreender melhor as condições de aprendizagem e/ou de utilização das tecnologias móveis em dispositivos de aprendizagem e de ensino, em África em geral e nos Camarões em particular. Para realizar esta investigação, tivemos que recolher dados quantitativos, qualitativos e contextuais através de um questionário distribuído a 52 estudantes e 14 professores oriundos de duas universidades camaronesas e através de entrevistas semi-dirigidas (18) e entrevistas individuais (4) de modo a permitir uma triangulação dos dados. Os resultados obtidos são variados e diversos. A nossa investigação mostra que poucos estudantes e professores no meio universitário camaronês dispõem de tecnologias móveis apropriadas para a aprendizagem e que os estudantes utilizam terminais móveis (TM) para a aprendizagem. Todavia, a investigação revelou que na ausência de condições políticas para a regulação e a vigilância das actividades dos estudantes na internet no campus, surgiu um grande número de desvios como a batota, a degradação dos costumes, e plágio na realização de trabalhos dos alunos no meio universitário. Assim, globalmente, embora os TM melhoraram tivessem concorrido para melhorar os conhecimentos dos estudantes, para os docentes, o uso actual das tecnologias móveis contribui um pouco para diminuir o nível académico dos estudantes. Estes resultados estão de acordo, em certos pontos por extrapolação, com os obtidos por Karsenti, que demonstraram que o impacto da utilização do iPad na motivação e no sucesso no meio escolar está presente mas é fraco.

Palavras-chave: tecnologias móveis, aprendizagem, utilização, impacto, estudante/professor

Introduction

Dans un contexte où les technologies mobiles sont devenues incontournables et où, selon The Independent (Thomson, 2010), 1,7 milliard de smartphones seront en circulation en 2014, les questions sur la scolarisation des terminaux mobiles en situation d’apprentissage formel, non formel ou encore informel font aujourd’hui l’objet de plusieurs recherches en sciences de l’éducation (Quinn, 2000 ; Traxler et Kukulska-Hulme, 2005 ; Djeumeni et Batchakui, 2014). Malgré cette diffusion importante des technologies mobiles dans le secteur éducatif africain en général et camerounais en particulier, les différents acteurs devant réguler leur intégration en milieu universitaire ne semblent pourtant pas prendre au sérieux l’influence de ces nouvelles technologies émergentes sur les dispositifs d’apprentissage et d’enseignement. Ainsi, en absence d’une régulation des usages des technologies mobiles émergentes (smartphones, tablettes numériques, ordinateurs portables, etc.) en milieu universitaire, il nous semble pertinent de faire une étude exploratoire pour mieux comprendre les pratiques des étudiants et des enseignants de ces terminaux mobiles en salle et hors salle de cours.

Le cadre théorique mobilisé dans le cadre de cette étude repose sur un ensemble de travaux de recherche dont entre autres, l’approche expérimentale de Baron et Bruillard (2006), qui nous amène non seulement à nous interroger sur la nature des usages, mais aussi sur la stabilité des usages observés. L’approche instrumentale de Rabardel (1995), nous permet d’observer les compétences développées dans le cadre de l’apprentissage formel, non formel ou informel ainsi que la production des scénarios pédagogiques par les enseignants. L’usage de ces nouvelles technologies mis en exergue par Baron et Bruillard (2004) est également mobilisé, ainsi que les usages des technologies mobiles en situation d’apprentissage abordés par les auteurs (Villemonteix & Khaneboubi, 2012 ; Chotel et al., 2011). Ce cadrage met à jour plusieurs points saillants, relatifs aux usages, à la scolarisation de ces technologies en classe et à la place qu’elles occupent comme ressources ou comme contraintes pour les apprentissages et les enseignements. Dans le secteur éducatif africain et en contexte camerounais en particulier, il nous semble que, faute de cadrage permettant de réguler les usages dans les institutions éducatives, les publics universitaires sont incités à des utilisations peu compatibles avec la norme académique. Les technologies mobiles amèneraient à des pratiques distractives, voire parfois déviantes, telles le plagiat et la tricherie. Dans ce contexte, cette étude s’intéresse particulièrement aux questions suivantes : comment les étudiants et les enseignants utilisent – ils les TM en contexte d’apprentissage ? Quelles sont les conditions favorisant le développement de ces usages ? Quelles sont les perspectives ?

Dans les lignes qui vont suivre, nous commencerons par présenter une revue de la question. Nous exposerons ensuite le cadre théorique mobilisé et suivrons la démarche méthodologique retenue ainsi que les résultats obtenus dans le cadre de cette recherche. Une conclusion viendra mettre un terme à notre développement.

Revue de la question

Caractéristiques des technologies mobiles

Les technologies mobiles regroupent un ensemble de terminaux tactiles (tablettes numériques, smartphones, etc.), basiques (ordinateurs portables, baladeurs MP3, téléphones basiques, etc.) ayant comme caractéristiques communes qu’ils sont légers et, facilement transportables. Certaines de ces technologies en plus du fait qu’elles peuvent être connectées à Internet sont aussi dotées de dispositifs de géolocalisation. Ces caractéristiques physiques induisent chez les utilisateurs des représentations d’actions possibles (Villemonteix et al., 2014). Ces caractéristiques sont souvent mobilisées dans le contexte du « mobile-learning », ou « m-learning » (Sharples et al., 2009) puisqu’avec ce type d’objet, nomade, tactile et connecté, il est désormais possible d’apprendre ou d’enseigner. Le terme de technologies couvre ainsi tout autant des objets matériels (ordinateurs, calculatrices, tablettes, smartphones, baladeurs…), des logiciels (centrés sur des champs disciplinaires ou non, comme ceux qui traitent du multimédia) que des services mettant en jeu l’informatique et les télécommunications (Basque & Lundgren-Cayrol, 2002 cité par Villemonteix et al., 2014). Les définitions récentes entrainent un transfert de la mobilité des technologies vers celle des apprenants avec un élargissement des dimensions de la mobilité à l’apprentissage. En effet, avec l’apprentissage mobile, l’apprentissage sort des salles de cours et investit de plus en plus des environnements moins classiques (Quinn, 2000).

Quelques recherches intégrant les technologies mobiles en milieu scolaire

De nombreuses recherches (Baron & Bruillard, 2006 ; Gueudet, Soury-Lavergne & Trouche, 2008 ; Puimatto, 2014) ont montré que la question des usages est au centre de la problématique de l’intégration des TIC à l’école. La situation est complexe car tous les usages ne se valent pas (Chaptal, 2005).

Au Cameroun, des chercheurs (Djeumeni & Batchakui, 2014), ont essayé de mettre sur pied un projet dans le but de rendre compte d’une expérience et d’améliorer les compétences des enseignants à l’utilisation du téléphone portable pour l’enseignement de la lecture. Dans le cadre de ce projet, les IPAD, IPhones, Tablettes etc. sont utilisés à ces fins. Cette initiative permet de constater que l’Afrique et le Cameroun en particulier ne restent pas en marge de l’utilisation des technologies mobiles émergentes en éducation.

Une autre étude prescrite par le ministère français de l’Éducation nationale et conduite par Villemonteix et al. (2014) a quant à elle porté sur l’usage de la tablette dans une perspective d’enseignement-apprentissage du français. Elle a conduit à explorer trois entrées articulées autour de l’écriture numérique que sont les ressemblances/différences didactiques et pédagogiques entre les séances, la spécificité des interventions enseignantes au cours des séances observées et les usages instrumentés des élèves1. La dite étude permet de constater que la mise en œuvre de ces technologies, même dans un cadre réglé de la classe pose un ensemble de questions à résoudre, autant sur les plans infrastructurels et logistiques que du côté des gestes professionnels des enseignants ou des capacités des élèves à instrumenter efficacement leurs tâches.

Cadre théorique

Technologies mobiles comme dispositifs d’apprentissage et d’enseignement par les acteurs

Les technologies mobiles peuvent être vues comme des dispositifs au moyen desquels les concepteurs ont cherché à anticiper l’action en situation (Béguin & Cerf, 2004). Cette anticipation ne peut pas se traduire que par une prévision exhaustive des possibilités mais par l’acceptation structurelle qu’il y a une évolution potentielle, et sans doute par la reconnaissance de l’indétermination comme vecteur d’appropriation (Villemonteix et al., 2014). L’enjeu sera alors non pas seulement l’utilisation par les acteurs (étudiants et enseignants dans notre cas) de ce qui était initialement prévu sans modification, mais bien la conception d’une flexibilité qui assure le maintien de la cohérence du dispositif lorsqu’il sera en usage. Les technologies ne sont par conséquent pas des objets finis. Ce sont des objets duaux au sens où le définit Orlikowski (1992), leur conférant un statut d’inachevé.

Apprentissage d’un cours assisté par des technologies mobiles

Plusieurs recherches portant sur l’apprentissage assisté par les terminaux mobiles existent et ce, à tous les niveaux scolaires allant du primaire au secondaire (Ifadem, 2011 ; Ifadem, 2013 ; Djeumeni & Batchakui, 2014) et universitaires (Villemonteix & Khaneboubi, 2012 ; Chotel et al., 2011) en situation formelle (programmes, salle de classe, instruction explicite, méthodologie, pratiques, compétences, interactions) et beaucoup moins en contexte informel ou non formel. La rareté en contexte informel ou non formel peut s’expliquer par le fait qu’il est plus difficile à maîtriser par rapport à l’apprentissage formel.

En fait, il nous semble trivial que pour mieux cerner les usages du public estudiantin avec les terminaux mobiles connectés ou non à Internet, nous ne pouvions exclure la trilogie apprentissage formel, informel ou non formel. Surtout que les apprentissages mobiles informels (et non formels) participent à l’autoformation des apprenants tandis que les enseignants décident ou non l’adoption des nouvelles technologies dans l’éducation formelle. Pour les enseignants, les terminaux mobiles sont perçus plus comme des objets avec lesquels on apprend que des objets de conception des cours qui exigent plus de contraintes techniques. Les enseignants sont dans une dynamique de partage et d’échange, à propos des ressources et des pratiques, mais qui écarte les contraintes techniques, particulièrement lourdes (Villemonteix & Khaneboubi, 2012).

Pour Baron et Bruillard (2006), l’approche expérimentale nous amène non seulement à nous interroger sur la nature des usages, mais aussi sur la stabilité des usages observés. Pour Rabardel (1995), cette approche instrumentale a également un impact sur les genèses instrumentales mises en place par les différents acteurs. Il vient alors en toute évidence que ces technologies offrent aux enseignants des outils de production nouveaux, motivants pour eux-mêmes et pour les étudiants. Ces technologies sont utilisées pour travailler des compétences au programme dans le cadre de l’apprentissage formel tout en favorisant une plus grande individualisation du travail, une certaine autonomie des étudiants et offrant des possibilités de développer leur créativité. Nous avons alors ici une scolarisation de ces nouvelles technologies qui, selon Baron et Bruillard (2004), facilite une adaptation à la forme scolaire et aux contenus disciplinaires des applications disponibles sur l’ordinateur portable, en faisant de ces applications des instruments pédagogiques.

Problématique

La recherche conduite a pour ambition de caractériser les usages que font étudiants et enseignants des technologies mobiles en milieu universitaire en situation où le régulateur ne joue par son rôle d’encadreur. Face à la multiplication des usages des technologies mobiles dans tous les secteurs de la vie au quotidien, les pratiques en général sont en pleine émergence et leurs intégrations ne se font pas sans heurts en milieux scolaire et académique. En fait, nous voulons dans le cadre de cette recherche nous interroger sur les pratiques des étudiants et des enseignants en classe et hors salle de cours avec ces technologies émergentes. En d’autres termes, en absence de régulation des usages des technologies émergentes en milieu universitaire, que font les étudiants et les enseignants de ces terminaux mobiles en salle et hors salle de cours ?

Méthodologie

Terrain d’observation et principaux instruments mobilisés pour la collecte de données

Notre échantillon a été sélectionné auprès d’étudiants et d’enseignants camerounais provenant de deux universités camerounaises, à savoir l’Université de Yaoundé I (UYI) à travers l’École Nationale Supérieure Polytechnique (ENSP) et l’Université Protestante d’Afrique Centrale (UPAC) à travers la Faculté des Technologies de l’Information et de Communication (FTIC). Les choix ont été guidés par la situation géographique des deux universités, les orientations de la formation des deux institutions (ENSP et FTIC) dans le domaine de l’ingénierie et surtout de la facilité que nous avons eu pour l’obtention des différentes autorisations nécessaires pour réaliser la présente recherche.

À l’ENSP, le corpus issu du questionnaire (N1 = 35 étudiants, N1’ = 10 enseignants), des entretiens semi-directifs (M1 = 18 étudiants, M1’ = 2 enseignants), plusieurs entretiens individuels, des enregistrements (deux séances de cours de radio et télévision en classe de troisième année de génie des télécommunications).

À la FTIC, le corpus issu du questionnaire (N2 = 17 étudiants, N2’ = 4 enseignants) des entretiens semi-directifs (M2 = 7 étudiants, M2’ = 2 enseignants), plusieurs entretiens individuels, des enregistrements (deux séances de cours de concepts de base des télécommunications en classe de deuxième année tronc commun des élèves ingénieurs).

Des enregistrements vidéo des cours focalisés sur les usages des terminaux mobiles par les étudiants ont été également exploités. Les enregistrements ont été conduits dans deux salles de classe dont une à l’ENSP de l’UYI (cours Radio et Télévision en troisième année de génie des télécommunications) et une à la FTIC de l’UPAC (cours de concepts de base des télécommunications pour les étudiants de deuxième année tronc commun des élèves ingénieurs).

Les effectifs consignés ici sont tous des réponses favorables à notre étude recensées auprès de notre échantillon. Au total 14 enseignants et 52 étudiants dont 35 garçons et 17 filles ont participé à l’étude.

Résultats et discussions

Types de terminaux mobiles et de connexion dont disposent les interviewés

Nous nous sommes intéressés ici à identifier les types de terminaux et de connexion dont disposaient les étudiants et les enseignants ayant pris part à la recherche.

La figure 1 présente la nature des terminaux dont disposent les étudiants et les enseignants ayant pris part à la recherche. Nous constatons que dans les deux groupes de population interviewée, les nombres de terminaux mobiles par type suivent presque la même hiérarchie et conservent alors les mêmes degrés d’adoption au sein des deux groupes. Ainsi, les ordinateurs portables sont les plus présents (44 sur 52 étudiants et 12 sur 14 enseignants disposent d’un ordinateur portable). Les téléphones basiques occupent la seconde marche avec en actif 33 chez les étudiants et 11 chez les enseignants.

Figure 1 : Types de technologies mobiles présents au sein de la population interviewée

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Il y a jusqu’à présent des enseignants qui n’ont pas pu intégrer l’ordinateur portable dans leurs pratiques quotidiennes et pour des raisons bien précises. Ainsi, un des enseignants interviewés rapporte : (Ens04) « J’utilise le desktop et depuis lors je n’ai jamais utilisé les terminaux mobiles même l’ordinateur portable […] j’ai un téléphone basique » et sollicité pour en dire plus sur les raisons pour lesquelles il n’utilise, même pas l’ordinateur portable, il déclare : « les touches du clavier sont petites et j’ai même déjà de la peine à utiliser le clavier du fixe ». Selon cet enseignant, les spécificités techniques des appareils auraient une relation avec leur adoption ou non pour le travail.

Le tableau 1 ci-après nous renseigne sur les types de connexion dont se servent au quotidien les étudiants et les enseignants. Nous constatons que les clés Internet occupent la première marche avec 34 clés soit un pourcentage de 65 % de la population estudiantine interviewée. Un constat similaire se dégage aussi chez les enseignants interviewés avec 10 clés Internet soit un pourcentage d’environ 83 %. Il ressort de ce tableau que le nombre de clés est sensiblement égale au nombre d’ordinateurs portables dénombrés précédemment. Il apparaît donc que la portabilité qu’offrent les ordinateurs portables exige de la part des étudiants et des enseignants de disposer des points d’accès compatibles avec leurs terminaux.

Tableau1 : Types de connexion utilisés par la population interviewée

Désignation Enseignants/14 Étudiants/52
Connexion par câble ADSL 8 8
Connexion Dial Up (Prépayée) 9 0
Connexion par le Wi-Fi 4 30
Connexion par Clé Internet (3G) 10 34

Le même constat est observé avec le Wi-Fi, qui est ici le mode de connexion dont dispose la majorité des étudiants sur le campus. Il convient de signaler que la connexion par Wi-Fi au campus est gratuite pour tous les étudiants régulièrement inscrits dans les universités où se sont déroulées cette étude. Le mode connexion par câble ADSL, plus indiqué pour les domiciles et bureaux est le moins utilisé ce qui vient ici corroborer cette assertion de l’UNESCO (2013) : « En Afrique, en moyenne 8 % des foyers sont équipés d’ordinateurs et moins de 6 % possèdent Internet ».

L’exploitation conjointe de ces deux informations (relevant de la figure 1 et du tableau 1) prélevées de notre corpus, nous permet de conclure que la grande majorité des étudiants et enseignants disposent des terminaux mobiles avec une connexion Internet.

Usages des technologies mobiles par les étudiants et enseignants en salle de classe

Nous avons sollicité ici les avis des uns et des autres pour savoir si oui ou non ils utilisaient en salle de classe des terminaux mobiles (TM). Les résultats recueillis sont consignés dans le tableau 2.

Tableau 2 : Avis des interviewés sur l’usage des TM en salle de classe

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Les étudiants disent avoir recours aux TM pendant les cours pour chercher des informations relatives aux notions abordées en cours. Un des étudiants déclare : « En salle de classe, cela m’aide à suivre les cours qui se font par projection». Un autre d’écrire : « Généralement en salle de classe les TM me servent à effectuer des recherches sur les cours […], à faire mes devoirs ».

Nous constatons que sur les 52 étudiants interviewés aucun d’entre eux n’a mentionné utiliser les TM pour accéder aux réseaux sociaux ou pour suivre des jeux pendant les cours. Faut-il en conclure qu’en salle de classe, les TM ne sont utilisés que pour suivre exclusivement les cours ? Nous avons en visualisant les vidéos remarqué plusieurs usages qui ne sont cependant pas mentionnés par les étudiants ayant participé à la recherche. Lors du cours de radio et télévision, il nous a été donné de constater que les étudiants étaient connectés à Facebook et que d’autres visionnaient des films.

Les enseignants interviewés semblent presque tous unanimes sur le fait que les étudiants font un mauvais usage des TM pendant les cours. Nous avons relevé les raisons ci-après donnés par deux enseignants :

« Les étudiants s’égarent dans les réseaux sociaux »

« Les étudiants n’utilisent pas les TM pendant les cours à des but éducatifs »

Dans un contexte de forte expansion des terminaux mobiles en milieu universitaire africain en général et camerounais en particulier, plusieurs règles d’usage ne doivent-elles pas être prises en compte pour leurs intégrations réussies en milieu académique ? Dans l’enseignement supérieur, il y a un besoin d’adaptation et de modernisation qui s’impose aussi bien aux autorités qu’aux différents membres de la communauté universitaire. Les défis majeurs ne seront-ils pas liés à l’investissement dans les technologies par le développement d’infrastructures de réseau et des applications informatiques appropriés ? Comment une université ne disposant ni d’un système d’information automatisé ni d’un système de veille technologique peut-elle faire pour suivre les activités menées par les étudiants sur le réseau Internet ? Nous avons dans le cadre de notre recherche, sollicité les Départements d’informatique en charge de la gestion des réseaux Internet dans les deux institutions universitaires (ENSP et FTIC) sans succès. Ceci s’explique par le fait, que les Départements ne disposent d’aucun outil de supervision de réseau et par conséquence pas de possibilité de tracer les activités de ces différents usagers.

Les enseignants ayant participé à la recherche suggèrent que les autorités en charge de la gestion universitaire se penchent sur la formation du personnel enseignant et accordent un investissement financier pour acquérir des outils idoines pour la gestion optimale des infrastructures numériques. Il est d’ailleurs reconnu aujourd’hui que la pénétration du signal Internet à l’intérieur du territoire africain reste très faible (6 % seulement selon le rapport de l’UNESCO (2012)) et ceci est dû entre autres, au manque de moyens financiers et à l’instabilité politique vécue dans certaines régions du continent. Ce constat est renforcé par le fait que chez toutes les personnes enquêtées, aucune ne dispose d’une connexion filaire ADSL ou fibre optique à domicile. Notre recherche a également montré que les enseignants et les étudiants utilisaient plus les clés Internet et le Wi-Fi pour se connecter au réseau Internet. Ce mode de connexion est lié à la forte expansion des réseaux de téléphonie mobile.

Nous avons évalué par entretiens l’impact de l’usage des TM pour l’apprentissage des étudiants et plusieurs (46 %) avouent avoir amélioré leur savoir grâce à l’usage des TM. Cependant la variété d’usage par les étudiants en milieu universitaire nécessite un bon recadrage par les autorités en charge de la gestion du milieu universitaire. Surtout que tous les étudiants interviewés déclarent ne pas connaître les règles ou les mesures contraignantes concourant à la restriction d’usage des TM en milieu universitaire. Chacun y va de ses goûts sans inquiétude aucune. Plusieurs étudiants ayant participé à notre recherche déplorent ce manque de suivi par les autorités en charge de l’Université. Nous avons également constaté en observant les vidéos, en dépouillant les réponses aux questionnaires et lors des entretiens que les étudiants utilisaient les TM pour accéder aux sites pornographiques et aussi pour tricher pendant les examens ou lors de la rédaction des rapports. Ces différents aspects liés à la tricherie et au plagiat ont également été soulevés par des enseignants qui estiment que l’expansion des terminaux mobiles peut entraîner des risques de dégradations de mœurs, des distractions, une diminution de l’acte réflexif de la part des étudiants et par conséquent une baisse du niveau scolaire. Tout ceci confirme l’hypothèse selon laquelle l’absence de l’autorité de régulation en milieu universitaire favorise la dérive des usages des TM en classe et hors classe en instaurant davantage la tricherie, le plagiat et plusieurs formes de distractions. Dans le même ordre d’idée, Ngnoulaye (2010) affirme que jusqu’à présent, dans le système d’apprentissage et d’enseignement des universités camerounaises, les usages des TIC en général ne sont pas encore institutionnalisés dans les pratiques pédagogiques ; ils ne sont pas encore systématiques dans les salles de classe, bien qu’on rencontre des usages personnels chez quelques étudiants et enseignants.

Usages des technologies mobiles par les étudiants et les enseignants hors salle de classe

Quant aux usages que font les étudiants des TM en dehors des salles de classe, la figure 2 résume les renseignements recueillis auprès des enquêtés. Il ressort de ces résultats que les usages des TM par les étudiants sont divers et variés. Les étudiants exploitent leurs TM pour se distraire : « Hors salle de classe, je les utilise à des fins éducatives, pour la distraction (jeux, musique, série, etc.) et pour communiquer sur les réseaux sociaux ». Ce point de vue d’un des étudiants enquêtés se justifie bien en constatant que les services les plus utilisés par les étudiants sont ceux ayant trait aux distractions telles que les photos et vidéos (38), Facebook et iMessage (37), musique (35) et jeux (21).

D’autres étudiants par contre, selon leurs opinions, utilisent les TM hors salle de cours à des buts éducatifs. En effet, il ressort que les étudiants en dehors des salles de cours ont recours aux TM à des fins de recherche (37) et comme soutien à la réalisation de leurs devoirs (31). Nous pouvons ainsi lire cette déclaration d’un des étudiants enquêtés : « Hors salle de classe, je lis pour faire mes devoirs, je fais des recherches et j’apprends un tas de choses ».

Figure 2 : Usages que font les étudiants de leurs TM hors salle de classe

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Nous nous sommes également intéressés à savoir si les étudiants utilisaient les TM pour suivre des formations en ligne. Ainsi, à la question : « utilisez-vous les TM pour accéder aux dispositifs de formation à distance ? », les résultats sont consignés dans le tableau 3 où pour les étudiants, 21 ont répondu par l’affirmative, 22 par la négative et 9 se sont abstenus. À la même question nous avons 7 « oui » et 5 « non » pour les enseignants enquêtés.

Tableau 3 : Utilisation des TM pour accéder aux dispositifs de formation à distance

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Facteurs motivants ou démotivants l’intégration des technologies mobiles en milieu universitaire

Nous avons aussi dans notre recherche cherché à comprendre les facteurs liés à l’adoption ou non des TM par les étudiants et les enseignants pour l’acte d’apprentissage et d’enseignement. Certains auteurs (Karsenti et Fievez, 2013 ; Ngnoulaye, 2010 ; Chotel et al., 2011) pensent que les TIC en général et les TM en particulier opèrent certains effets positifs sur les résultats, la motivation, l’engagement, l’anxiété ou encore la satisfaction. Comme le montre la figure 3, les étudiants et les enseignants adoptent les TM davantage pour leur portabilité et la facilité qu’ils offrent à l’accès à l’information. En outre, on peut évoquer la motivation liée à la multiplicité des fonctions constitutives dont ils sont dotés à savoir : informer, produire (individuellement ou collectivement), interagir socialement (communiquer, collaborer, partager), soutenir (encadrer et accompagner), autoévaluer et hétéro-évaluer, gérer (des personnes, des ressources, etc.) et planifier, faire émerger l’activité méta réflexive et, enfin, « faire circuler les signes de la présence », selon l’expression de G. Jacquinot-Delaunay (2002).

Notre recherche a également montré que tous les étudiants aspiraient à disposer en plus d’un ordinateur portable d’un smartphone ou d’une tablette numérique. Selon eux, les smartphones et tablettes numériques sont encore plus facilement malléables et regroupent un ensemble de « packages » (éditeur de textes, prise de photos, son, lecture de pdf, etc.) en un seul tout pouvant augmenter aussi les opportunités d’apprentissage informel. Les technologies mobiles apparaissent alors comme des ressources, pour accompagner les activités d’écriture en fournissant des aides adaptées facilement mobilisables. Elles offrent des modalités d’écriture multiples et variées à forte valeur ajoutée, combinant très facilement des médias différents : texte/son, texte/image, vidéo.

Figure 3 : Principaux facteurs favorisant l’usage des TM en apprentissage et enseignement tels que perçus par les étudiants et les enseignants

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Conclusion

Parvenu au terme de ce développement qui visait à mieux comprendre les conditions de scolarisation et/ou d’utilisation des technologies mobiles sur les dispositifs d’apprentissage et d’enseignement en Afrique en général et au Cameroun en particulier, il apparaît que des usages pédagogiques des technologies mobiles sont émergents en milieu universitaire. Les discours des étudiants et des enseignants sur leurs impacts ne sont pas concordants en ce qui concerne l’apprentissage. Toutefois, ces deux groupes sont unanimes sur les dérives qui existent et qui appellent à une réglementation et à une régulation des usages au sein du campus et dans les salles de cours. Pour l’instant, ces dérives sont nombreuses et nuisibles au système éducatif. Il serait donc nécessaire d’encadrer ces usages des technologies mobiles en instituant des cadres éthiques et juridiques adéquats par les autorités en charge de la gestion des universités pour améliorer les systèmes d’apprentissages formel, informel voir non formel. Ceci en appelle à une genèse éthique pour accompagner la genèse instrumentale (Rabardel, 2005) afin que la scolarisation des TIC (Baron et Bruillard, 2001) soit avantageuse pour le système éducatif en Afrique.

Remerciements

Les auteurs tiennent ici à remercier les réviseurs pour les observations qu’ils ont soulevées et dont la prise en compte a énormément contribué à l’amélioration de la qualité du travail.

Bibliographie

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Baron, G.-L., et Bruillard, É. (2006). Quels apprentissages dans des communautés d’enseignants en ligne ? Réflexions méthodologiques et perspectives. Dans B. Charlier et A. Daele (édit.), Comprendre les communautés virtuelles d’enseignants : pratiques et recherches, (p. 177–194). Paris : L’Harmattan.

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